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« Ni l’arme de l’ICCN, ni la lance du Pygmée ne nous donnera la paix ! »
octobre 4, 2019
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Il y a un conflit qui enregistre déjà des grosses pertes en vies humaines et une dégradation très visible et assez dangereuse de l’environnement :

  • «  Depuis que ce conflit a commencé, 8 pygmées sont morts, d’autres ont été gravement blessés ». «  … mais il y a aussi deux gardes parcs qui ont été tués, d’autres blessés… il y en a qui sont encore à l’hôpital… »
  • les arbres du parc sont systématiquement abattus pour la fabrication de la braise et des planches ; le braconnage fait disparaitre des espèces à protéger, le parc contient de minerais dont l’exploitation illégale est actuellement accentuée, le feu de brousse ravage tout à son passage. «  quand vous entrez dans le parc, à la vue du ravage causé par les pygmées, vous avez la chair de poule. C’est vraiment horrible, de gros espaces sont dépouillés de toute plante, des animaux ont fui, d’autres sont pris dans le piège du feu ou tués par les pygmées…, Nous ne pouvons pas rester sans rien faire. Sauvez le Parc c’est protéger  à la fois de vies humaines. C’est ne pas la RDC seul qui profite des bienfaits du Parc, c’est le monde entier…» !

«  Tout le monde connait pourquoi nous nous battons. Sans nous avoir consultés, l’Etat  a exproprié notre terre et l’a annexée au parc depuis plus de 40 ans sans indemnité ni une quelconque autre alternative pour nos communautés. Après nous avons été chassés comme des animaux, sans remords. Du coup, avec nos femmes, nos enfants, nos familles ; nous  sommes restés en errance !  Chez les bantous où nous nous sommes réfugiés, on nous taxe de tous les maux… Nous voyons toujours, pour n’importe quel petit problème, des personnes réclamer, faire des marches avec des calicots dans les mains.  Immédiatement ou quelque temps après nous voyons débarquer des députés, des chefs pour chercher des solutions… Mais nous, personne ne veut nous écouter. Plutôt, on nous tue… On dit qu’on doit protéger les singes et les arbres mais nous l’objectif est de nous exterminer, tué  l’un après l’autre !… le temps de nous défendre est arrivé. Plusieurs d’entre nous pourrissent actuellement en prison accusés par l’ICCN. Ils n’ont personne pour les défendre ; d’autres reçoivent des lettres de convocation à la justice et curieusement de la justice militaire ! S’il vous plait, nous sommes aussi des êtres humains. Qui de ces députés qui nous abandonnent aujourd’hui avait été élu par un singe ? Nous voulons la réponse ! »

SYNIGL continue à alerter le public, l’autorité et toutes les personnes épris de Paix et de Justice sur le risque de l’enlisement d’un conflit qu’il trouve honteux. Il perdure parce qu’il y en a qui ont vraiment décidé de méconnaitre leur grande responsabilité ou qui pense que des méthodes draconiennes, policière y compris l’intimidation et l’usage de la violence suffisent pour y mettre fin !

Des témoignages que présente cet article ont été récoltés le 1er Août dernier lors d’un forum communautaire initié par SYNIGL au sujet du conflit qui oppose les peuples autochtones(les pygmées), les bantous et  les services du Parc  et de conservation de la nature (PNKAB et ICCN). Il faut encourager des espaces d’expression libre, de dialogue et de rédevabilité au tour des situations qui nécessitent un peu de volonté et de raison  pour ne plus continuer à sacrifier des personnes et l’environnement dans lequel elles se meuvent à l’hôtel des irresponsabilités des personnes et des pouvoirs inconscients!

Des représentants des peuples autochtones, des représentants des peuples bantous, des représentants des organisations de la société civile, des leaders locaux, des autorités publiques et judiciaires (ICCN, représentants de sa majesté le Roi Kabare, la justice…), la police et l’armée ont été présents à cette rencontre. De manière participative la parole a été libre et chacun s’est exprimé dans le souci de voir la Paix retourner dans et aux alentours du PNKB.

En plus des idées nouvelles à rechercher, il faut construire sur des actions dont l’objectif a été dans le temps, de trouver des réponses satisfaisantes aux conflits PNKB-Peuples autochtones.

Séances tenantes, les participants se sont mis à évaluer les actions qui ont été réalisées dans le temps. :

  • «  … Au sein de Monusco, je suis chargé des questions de la résolution des conflits. Je viens représenter le Chef de bureau qui était invité à cette rencontre  mais je dois avouer que nous étions contents et encouragé par l’invitation de SYNIGL  à participer à un forum sur le conflit entre les Pygmées, peuples autochtones du Sud-Kivu, et les services de conservation et de gestion du Parc National de Kahuzi Biega. La Monusco s’est suffisamment investi dans la résolution de ce conflit. J’ai eu de nombreuses rencontres et contacts avec des parties prenantes et la plupart des personnes ici présentes me connaissent. Nous avons décroché un accord signé par les parties qui devait construire la Paix et nous pensons que n’y a rien d’autre de spécial à rechercher…tout est claire et nous allons offrir à chacun des participants, ici présent, une copie de l’accord que Monusco avait décroché dans ce conflit. SYNIGL n’a pas besoin de revenir sur les actions qui ont déjà été faites ou de conduire à un nouvel accord mais nous espérons qu’elle devra plutôt sensibiliser les Pygmées et toutes les parties à réaliser les engagements que contient l’accord signé sous la conduite de la Monusco… il a un bon projet en vue pour les Pygmées, il mettre en œuvre un lot d’actions importantes pour eux. Cette fois-ci je leur demande, le moment venu de bien gérer et de ne pas dilapider les fonds qui leur seront accordés…  »
  • «  … nous saluons ce qui avait été fait dans le temps par la Monusco mais nous encourageons pourtant SYNIGL à creuser davantage et sur la base plutôt des forces et des faiblesses des actions qui ont déjà été réalisées de construire un chemin pour une solution durable. Si le conflit perdure et que les gens continuent à mourir ce qu’il y a encore à rechercher et que les démarches antérieures gardent encore des zones à revoir… et je pense que ce serait même de la fierté pour la Monusco de profiter de nos interactions, ici,  pour valider et confirmer davantage les capacités des solutions auxquelles elle était aboutie à assurer définitivement la paix… il n’est pas évident que toutes les personnes présentes dans cette salle étaient présentes aux rencontre de Monusco…moi par exemple je n’y avais pas assisté. Donc c’est toujours mieux de profiter de la force des idées d’autres personnes et de leurs différentes contributions…»
    • « … Oui, nous les leaders des P.A nous avions été invités par la Monusco et nous avons participé à certaines rencontres. Moi, je suis parmi des personnes que Monusco avait même invitées à Bukavu…d’ailleurs c’est en rentrant d’une rencontre de Monusco qu’on m’avait volé mon téléphone à Bukavu. Mais cela ne veut pas dire que nous étions vraiment associés en tant que peuples autochtones à tout ce que Monusco faisait. D’ailleurs c’est accord dont on parle à vrai dire n’avait été signé que par quelques personnes et il y en a qu’on allait chercher à leurs maisons pour qu’elles signent…on doit se dire toute la vérité…. Le dialogue que nous faisons maintenant n’est pas mauvais, vous voyez que nous sommes venus nombreux et de loin pour y participer par ce que nous les PA nous avons assez des souffrances qu’on nous inflige. Mais ce dialogue n’est pas suffisant. Nous devons maintenant aller dialoguer à un niveau supérieur. Que SYNIGL nous aide à faire venir les autorités de Kinshasa, les autorités provinciales de la province dont le gouverneur lui-même, les députés, les PNKB, l’ICCN, les américains et d’autres blancs…tous les puissants… Nous voulons que tous nous entendent. Nous pensons que c’est seulement un grand dialogue de cette nature qui est actuellement en mesure de régler ce conflit. Et si on ne veut pas le faire nous allons nous prendre en charge par ce qu’on ne doit plus continuer à nous tuer comme des animaux…. »

  • « … l’ICCN salue le courage de SYNIGL dans la tenue de cette rencontre. Et je suis venu en tant qu’envoyé de l’ICCN pour encourager cet effort à chercher la Paix. Les PA ici présents me connaissent et certains d’entre eux sont même mes collègues de service. L’ICCN n’est pas en conflit avec les P.A, je tiens à le souligner ! Mais je crois que ce sont parfois les organisations de la société civile qui les opposent à nous et qui créent le conflit où il n’existe pas. Il y en a même qui ont plagié des idées de projets que nous avions en faveur des PA et qui ont détourné des fonds qui leur étaient destinés à leur payer pourtant des terrains…. Ils trompent les PA… Ces gens connaissent vraiment la forêt et ils peuvent vraiment plutôt contribuer sensiblement dans la protection du Parc. Nous faisons ce que nous pouvons pour répondre progressivement à leurs demandes mais nous ne pouvons pas continuer à tolérer que le Parc soit mis en danger…Nous nous battrons jusqu’au bout pour la préservation du PNKB…»

  • « … au nom des femmes Pygmées que je représente ici et pour toute la communauté des pygmées, je voudrais dire que je ne suis pas d’accord pour deux choses. D’abord qu’on dise que ce sont les ONG qui nous entêtent. Quelle ONG nous obligé de venir dans cette salle à Miti aujourd’hui. C’est la souffrance qui dicte notre conduite. Nous en avons assez d’errer et d’être tués. Et sans ONG nous parlerons et agirons tant que nos réclamations ne seront pas répondues. Ensuite que quelqu’un nous dise que cette fois-ci nous devrions bien gérer les fonds qui nous seront donnés. Oh ! quels sont ces choses qu’on nous a déjà données et que nous n’avons pas bien gérées ? qu’on nous le dise. Nous voulons la Paix, nous voulons que nos enfants étudient comme d’autres enfants, nous voulons la terre et ce n’est pas qu’on nous jette dans des marais ou qu’on nous amène dans des endroits que nous ne connaissons pas, nous voulons aussi un hôpital où nous pouvons accoucher en sécurité, où nos enfants, nos maris et nous-mêmes pouvons être bien soignés, nous voulons qu’on cesse de jeter sans raisons nos maris et nos enfants en prisons pour uniquement nous faire taire ! Nous sommes des êtres humains, cessez de nous maltraiter….Pendant plus de 40 ans le PNKB gère des terres qui nous appartenaient, que ce que ces terres leur apportent nous en profitions aussi »

Quoi qu’il en soit, ces interventions et d’autres qui ont animé la rencontre tenue par SYNIGL à Miti ont révélé davantage qu’il était urgent et impérieux de se pencher avec beaucoup d’attention sur le conflit actuel dans le Parc et d’y apporter avant qu’il ne soit trop tard des solutions durables. Les efforts qui ont déjà été investis dans ce conflit, quelles qu’en soient les faiblesses, sont à louer et ont eu, entre autres,  la force d’alerter et de jeter des phares sur des gros risques qu’il faille absolument éviter. Monusco reste parmi les acteurs, qui les 1ers  ont anticipé le danger et cherché à se lancer sur la piste de la résolution de ce conflit. Il est nécessaire qu’elle s’y investisse encore davantage aux vue de l’évolution actuelle du contexte, qu’elle implique d’autres partenaires et particulièrement le travail avec les partenaires locaux.

SYNIGL lance une alerte générale et pressante et demande aux autorités (d’abord au Parlement du Sud-Kivu, au Gouverneur du Sud-Kivu,  Procureur Général près la cour d’appel de Bukavu, à l’Auditeur supérieur et même au commandant de la 33ème Région militaire, chacun en ce qui le concerne, de mobiliser de s’investir davantage dans ce conflit, d’impliquer sensiblement le gouvernement national à travers les ministères compétents  et de les amener à trouver des solutions durables à ce conflit. Ensuite, un appel est lancer aux organisations et institutions internationales capables de soutenir les efforts dans la recherche des solutions d’appuyer des actions innovantes et capables de concourir efficacement à l’instauration de la Paix et de la cohésion sociales de toutes les parties impliquées à ce conflit).

Veuillez cliquer sur les liens ci-dessous pour télécharger les documents:

PV FORUM

MEMORANDUM

Vous êtes intéressé à offrir un don pour appuyer SYNIGL dans son combat pour la Paix et la cohésion entre les individus et les communautés : Contactez-nous !

Pour aider SYNIGL , voici les informations importantes ci-dessous 
Bank account : SYNERGIE D’INITIATIVES POUR LES GRANDS LACS (SYNIGL)
Trust Merchant Bank, SA (TMB)
Swift Code: TRMSCD3L
Account number: 1270-2109325-00-01
Address: South Kivu, Bukavu, Democratic Republic of Congo

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