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Les donneurs de leçon de démocratie en RDC, ont ils un modèle à offrir aux congolaises et congolais ?
juin 19, 2018
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Ceux et celles qui ont le pouvoir, la MP, affirment gouverner « Démocratiquement » !, ceux et celles qui
veulent le leur arracher, l’opposition, disent vouloir restaurer la Démocratie dans la République
Démocratique du Congo !
Qui finalement à raison ?
Les uns et les autres, ont-ils de modèle convaincant de Démocratie à nous prêcher ?

Quelques situations qui font peser des doutes :
Les contrastes idéologiques des partis politiques qui s’élèvent à plus des 500 en RDC, les mécanismes
par lesquels ils se choisissent des candidats, le mode de désignation de leurs animateurs font, oui, douter
des capacités des partis politiques congolais qu’ils soient de l’opposition ou de la majorité à démocratiser
le Pays et par conséquent à améliorer la gouvernance.
A l’aube des échéances électorales, des candidatures se marchanderaient dans ces partis dirigés par des
fondateurs, des personnes morales aux mandats à vie qui nomment et révoquent à des postes qui elles
veulent, où et quand elles veulent ; et quand elles disparaissent, leurs partis ne deviennent derrière leurs
pas que de la cendre! Bien plus, des organes suprêmes de certains partis dits de l’opposition qui, pour des
motifs personnels, ne voudraient pas se représenter aux élections, n’hésitent pas à menacer d’exclusion
des membres qui oseraient de quelle que manière que ce soit forcer de se faire élire !
Tout ceci pose de sérieux problèmes lorsqu’on se rend compte que sous d’autres cieux ce sont, par
exemple, les fédérations locales qui votent les candidats.

Que veut le peuple ?
Des personnes courageuses qui veulent, sur les pas de la Démocratie, imaginer des initiatives qui
innovent certaines habitudes impropres, qui décident de prendre le courage de provoquer le changement.
A l’instar de Charles Pasqua qui, en 1990, fut le premier à envisager l’introduction d’une primaire dans
la vie politique française afin de départager Jacques Chirac et Valery Giscard d’Estaing pour être le
candidat de la droite et du centre-droit en vue de l’élection présidentielle de 1995. Il s’agit des votes
ouverts ou fermées au sein des partis ou regroupements politiques pour la désignation de son candidat
aux élections à différents niveaux.
L’avantage, est qu’ils sont en mesure d’assurer plus ou moins un ordre de batail précis et rangé, une
alternance des leaders de façon démocratique sûre et authentique, une réduction des contestations et des
violences électorales , un véritable sondage purement démocratique.
Qui des hommes et des femmes des ces partis qui sont soit liés à l’appartenance ethniques ou
géopolitique ou encore aux descendances biologiques du père au fils osera prendre le courage de briser un
modus operandi ou un modus vivendi qui n’ont rien de démocratie ?
A un pas de la porte des élections, des leaders de l’opposition peinent à développer une stratégie en même
de renverser les tendances et d’affaiblir lamentablement les armes de ceux qui veulent à tout prix 2
conserver le Pouvoir. Actuellement, des voix tremblantes et auxquelles même leurs propres bouches ne
croient pas du tout clament regroupement,… candidature commune ou unique, ect !!!
Mais on a vu et on le voit encore dans ce pays des alliances et des regroupements des partis politiques qui
du reste sont demeurées marquées par l’absence d’un programme commun fondé sur des préoccupations
légitimes et par la crise d’un leadership. Elles ne tardent pas à voler en éclats à cours délais et sans succès!
Congolaises et congolais, entre les discours, les slogans électoralistes de plus d’un individu en quête de
pouvoir et la réalité se cache la plupart de fois une intention réelle : une lutte effrénée alimentée par la
recherche exaspérée du pouvoir et l’accumulation des richesses ! Et pour l’atteindre tous les coups sont
permis y compris même les massacres de celles et ceux dont hier on suppliait les voix !
A peine au pouvoir, ils se frottent les mains d’avoir eu finalement accès aux mangeoires de la
République, ils plongent chacun sa main dans la cuve pleine du trésor public et en sortent chacun avec ce
que sa force et sa ruse lui ont permis d’en sortir !
Ils font le tour de la République parfois en « mission de service » et à leur passage ils distribuent en route
ou dans des réunions des billets de banque, ils paient des biens et de services sans factures ! Eh oui, les
financiers de l’Etat ou des partis politiques de la RDC n’ont point besoin de leurs pièces justificatives!
Chères congolaises et congolais, aiguisons notre vigilance, ouvrons l’œil et le bon, le temps de nous
laisser endormir est révolu ! Nous avons des besoins, de grandes préoccupations pour lesquelles ils
doivent apporter des réponses et s’ils ne le peuvent il n’ ya pas des raisons à leur offrir ni un 1er ni un
second mandat encore moins un troisième inconstitutionnel.
Revenons aux valeurs d’un patriotisme actif et exhortons mesdames et messieurs aux pouvoirs ou en
quête de pouvoir à commencer par démocratiser leurs esprits, leurs partis politiques et les différentes
structures qu’ils dirigent déjà. L’expérience des élections dans notre pays est entachée de beaucoup
d’erreurs, c’est normal avec l’apprentissage de la démocratie, mais chaque élection que nous arrachons
devait nous amener à rectifier les tirs et à corriger le passé !

Exigeons, congolaises et congolais les prochaines élections mais allons y avec un esprit avisé !

13 Juin 2018

Arsène Lumpali,
Avocat, Défenseur des droits humains
Un des membres fondateurs de SYNIGL

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