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Des hommes et des femmes congolaises appauvris par la présence des minerais sur leur sol !
octobre 4, 2019
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C’est un paradoxe inimaginable ! Des défenseurs des droits humains du Sud-Kivu dénoncent la misère et les souffrances que l’exploitation de l’Or impose à de nombreuses familles de Luhwinja en territoire de Mwenga.

Des terres et des parcelles de nombreux ménages ont été expropriées par l’Etat Congolais au profit de Banro, une entreprise canadienne qui exploite de l’or au Sud-Kivu et qui actuellement serait en train de céder ses actions à une entreprise chinoise !

Forcée d’abandonné ses terres et d’accepter la délocalisation, la population de Luhwinja a cru exigé l’impossible en proposant être délocalisée au sommet d’une montagne aux conditions climatiques assez rudes et quasiment invivables ! Elle était sûre que cette condition irréalisable obligerait l’Entreprise à renoncer à son projet de délocalisation.

Banro

Hélas, elle a été surprise dans sa résitance lorsque l’Entreprise annonçait le début du processus de délocalisation. Le sommet de la haute montagne avait été rasée sans pitié par des machines importées par l’Entreprise ; du pied au sommet de la montagne une route serpentée très raide venait d’être tracée et permettait à l’Entreprise de faciliter le déménagement des familles et de leurs biens !

Un suicidaire miracle inattendu venait de se produire ! De petites maisons de fortunes  de la taille d’une allumette, chacune, étaient prêtes à accueillir des familles entières. Une maisonnette d’une chambre héberge en moyenne une famille de 7 personnes ! (celles visibles sur cette image sont les meilleures et les mieux placées !)

Déçues, abandonnées à elles-mêmes et livrées à la souffrance, des familles se sont vues l’une après l’autre jetées sur le sommet d’une montagne sans vie. Là :

  • Rien ne peut vraiment pousser. Du coup, aucune activité agropastorale n’est possible. Elle permettait pourtant de nourrir quelques familles, des soigner et de scolariser des enfants !
  • Il n’existe pas de marché et si on ose en construire un comme Banro l’a essayé, on ne s’aurait y acheminer des marchandises et personne ne serait tenté d’aller y vendre où y acheter quelque chose. Du coup, l’activité économique dont vivaient certaines familles délocalisées n’est plus possible.
  • Le même miracle a pu construire une école primaire, un dispensaire sans équipement ; difficilement fréquentables. D’ailleurs quel enseignant ou quel médecin irait y perdre son temps ! les conditions dans lesquelles sont dispensées les cours où sont administrés les soins sont extrêmement médiocres et des vies humaines sont sacrifiées à l’hôtel de quelques irresponsabilités !
  • Des vents y soufflent à chaque instant, un froid glacial contre lesquelles même des enfants n’ont aucune protection vous y reçoit à tout moment. Hommes, Femmes, adultes et enfants coulent la morve sans interruption. Une femme disait : « au départ mon petit garçon commençait à couler tout le temps la morve mais aujourd’hui c’est le sang qui coule très régulièrement. Il pleure tout le temps des maux de tête… mon fils ne dors plus mais je ne sais pas quoi faire. On m’a dit de quitter le lieu mais je n’ai plus où aller… »

Ainsi, environs 300 ménages se voient condamnées à des souffrances atroces. A peine qu’on s’y est installé, leur maisonnettes ont commencé à se détériorer.  Les matériaux qui les ont construits n’ont eu à peine la durée que d’environs deux ans !

Justice et Paix Bukavu va à la rencontre des victimes et mène un plaidoyer pour que ces personnes soient humainement traitées. Elle plaide pour une relocalisation qui tient compte de leur humanité et des besoins d’accès aux services sociaux de qualités (l’école, l’hôpital, le marché…). Ces personnes se sentent abandonnées de tous et lancent un cri d’alarme ! Seront-elles écoutées ! On est parfois surpris en écouter des autorités aussi se plaindre comme tout le monde sur cette question ou certaines d’entre elles dire que c’est l’affaire d’une population qui n’a pas voulu suivre  le conseil qu’on lui prodiguait à choisir un site plus convenable que la colline de Cinjira «  ces gens n’ont pas voulu suivre le conseil… ils sont ingérables et veulent aussi profiter de la situation pour perturber le fonctionnement de l’entreprise…

certains, même ceux qui avaient déjà été indemnisés, s’empressent à construire des maisonnettes sur des sites non encore entamés par l’exploitation pour se faire doublement indemnisés.. ». 

Il est nécessaire que les autorités prennent la mesure de leur responsabilité surtout lorsque c’est des vies humaines qui sont en danger ! Quand on a le pouvoir d’empêcher et qu’on ne le fait pas on pèche ! Les pouvoirs de l’Etat ont honteusement failli à leur obligation de Protection en laissant faire. Le peuple n’a pas besoin des responsables qui se plaignent comme tout le monde mais qui prennent des mesures qui en toute circonstance visent à assurer la protection, le respect et la réalisation des droits !

L’exploitation des minerais en RDC doit cesser d’être un joug insupportable aux populations congolaises, une souffrance et un sacrifice des vies humaines. SYNIGL espère voire s’accomplir rapidement la promesse faite par le Chef de l’Etat le 24 janvier 2019 à son prestation de serment : « Nous comptons renforcer la traçabilité dans l’exploitation des minerais, redéfinir le cadre de fonctionnement du secteur et promouvoir avec tous les acteurs une nouvelle politique de développement et d’environnement de notre industrie extractive. Il est impératif d’avoir une politique extractive qui soit source de développement pour nos territoires et nos concitoyens…. Eradiquer les minerais du sang est une nécessité, notamment à L’Est de notre pays. Nous allons structurer toutes les chaînes de valeur de notre industrie extractive »

La RDC une des réserves mondiales d’une vaste mosaïque des minerais, des pierres précieuses et d’autres ressources naturelles. Nous pouvons citer à titre illustratif : le cuivre, les diamants, le germanium, l’or, le fer, le manganèse, le pyrochlore, l’argent, la tourmaline, l’uranium, le wolframite, le zinc,  l’améthyste, la bauxite, le bismuth, le cadmium, la cassitérite, le charbon, le cobalt, le coltan. Les plus utilisés jusques là sont seulement l’or, le diamant, la cassitérite, le cobalt, le zinc, le cuivre, le manganèse, le niobium, le germanium, le wolfram. Une grande partie est concentrée dans la zone de l’Est (Nord-Kivu, Sud-Kivu, la province orientale…) Il s’agit d’enjeux très importants qui expliquent que le Pays soit très déstabilisés par des guerres et la présence des groupes armés particulièrement dans les zones de l’Est où sont accumulées de grandes richesses. De nombreux sites miniers sont occupés par des groupes armés et servent pour leur approvisionnement en armes ! Des femmes et des enfants y sont utilisés et y subissent trop des violences ! Le chao délibérément installé par les conflits permet à des Etats, à des individus, à des entreprises de s’approvisionner illégalement en minerais et de s’enrichir démesurément des produits suffisamment tachés de sang humain ! Le marché européen est l’un des consommateurs principaux des minerais congolais, des entreprises américaines et d’ailleurs en font des business et nous renvoient sur le marché des produits fabriqués par des minerais recueillis sur les cadavres et le sang des congolais et des congolaises. Chaque fois qu’un téléphone sonne, ne l’oublie pas, il peut être un de ces produits. Ou que vous vous trouvez, soyez attentif est n’oublie pas que l’être humain est unique partout sur notre terre. Cessons d’encourager, par n’importe quelle voie, les actions qui mettent en danger la vie des hommes et des femmes que peuple notre si beau jardin, la Terre !

 

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