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Célébration de la Journée Internationale des Peuples Autochtones (JIPA) 2019
octobre 4, 2019
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Les peuples autochtones du monde entier célèbrent la journée qui leur est dédiée le 09 aout de chaque année. Décrétée en 1994  par l’Assemblée Générale des Nations Unies pour promouvoir les droits des peuples autochtones longtemps marginalisés, cette journée a été célébrée sous le thème:  » Peuples autochtones, héritiers d’une grande diversité linguistique et culturelle’’.

(Malheureusement) En République Démocratique du Congo, cette journée a été célébrée le lendemain d’une série des violences fatales entre les peuples autochtones riverains du Parc National de Kahuzi-Biega et l’Institut National pour la Conservation de la nature (ICCN) autour de ce parc déjà déclaré patrimoine mondial.

Ce conflit est fatal aussi bien pour les peuples autochtones du Sud-Kivu que pour le Parc national et sa biodiversité. D’un côté, continuer à détruire l’environnement c’est détruire progressivement notre maison commune qu’est la terre et sacrifier des vies humaines pour l’environnement c’est ignorer pourquoi il est impérieux aujourd’hui de protéger l’environnement !

Synergie d’Initiatives Pour les Grands Lacs, SYNIGL, mène un plaidoyer et des actions de construction et la paix et de protection aussi bien des vies humaines que de l’ensemble de l’écosystème du PNKB. SYNIGL a ainsi saisi l’opportunité qu’offrait cette journée en organisant, avec la collaboration du Programme Intégré pour le développement du Peuple Pygmée au Kivu, PIDP,  une conférence de presse à l’intention de tous les medias de la ville de Bukavu et des personnes éprise de Paix et de justice. Il fallait crier la douleur des peuples autochtones du Sud-Kivu et celle du Parc National de Kahuzi Biega qui sont en train d’être sacrifiés et détruits à cause de nombreuses irresponsabilités qui doivent être dénoncées !

Ni les leaders des peuples autochtones, ni les gestionnaires du parc (l’Institut national de conservation de la nature et le PNKB) ne devraient trouver dans la violence la solution à un conflit à d’aussi grave. Il nous semble que c’est jusque-là l’approche qui restent en train d’être utilisé malgré qu’elle constitue un crime et une preuve de l’incapacité  des certaines personnes clef à apporter des réponses réfléchies et d’humanité  la crise !

Au cours de la conférence et à travers les questions de chevaliers de la plume SYNIGL et PIDP ont élevé unanimement la voix pour dire « Non à la violence contre les peuples autochtones et contre le Parc National de Kahuzi Biega, oui aux solutions concerté et à un dialogue constructif de la paix et de la cohésion sociale.

Monsieur Dieudonné AKILIMALI, Directeur  Provincial du PIDP KIVU et l’un des orateurs, a décrié le fait que la décision qui avait élargie le PNKB en expropriant la terre des peuples autochtone a violé des droits constitutionnels dans la mesures ou aucune autre alternative ni aucune indemnisation n’avait été proposée aux populations dépossédées de leurs terres ! La décision aurait privé les peuples autochtones de leurs droits socio-culturels et économiques, leur droit à la terre et les a réduits à des mendiants faisant d’eux une communauté en errance et abandonnées de tous !  Il a par ailleurs soutenu le fait qu’au vue de l’enjeu vital qu’il renferme, le PNKB doit en tant que patrimoine mondial être protégé par tous. Mais sollicite que le cahier des charges des peuples autochtones soit pris en compte et que les fonds que ce patrimoine génère soient utilisés pour la protection de l’environnement, le développement des peuples autochtones et la construction des infrastructures pour le bien de tous.

Il disait : ‘’…le conflit persiste par ce qu’on a dit aux militaires, aux éco-gardes et aux gestionnaires que les peuples autochtones (Pygmées) représentent une menace… Les gouvernants  ignorent totalement l’apport des peuples autochtones dans la protection de l’environnement. Ils ignorent que sans l’existence des peuples autochtones on ne pouvait pas trouver cette flore et faune pour en faire un parc…Le conflit a longtemps duré et a déjà fait plusieurs victimes. Cela reste inconcevable que les gens continuent de s’entre tuer pour un problème que les gouvernants sont censés résoudre… Les gouvernants devront comprendre que les peuples autochtones ne représentent pas une menace mais plutôt une opportunité.  Le dialogue qui est en train de se constituer à travers SYNIGL s’avère constructif et plus bénéfique.’’

SYNIGL encourage le dialogue et dénonce des approches d’intimidation, des représailles et des violences auxquels les parties, particulièrement celles qui ont le pouvoir,  recourent et qui détériore l’environnement, tues les êtres humains et installe des sentiments de méfiances et de suspicions !

Lors de cette conférence de presse, PIDP a informé le public du Sud-Kivu que la justice africaine, en l’occurrence la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples était déjà saisie sur le conflit Peuples autochtones-ICCN et qu’une nouvelle loi sur les principes fondamentaux relatifs à l’environnement qui met en cause les principes qui ont prévalu à la création du Parc National de Kahuzi Biega et d’autres parcs de la RDC venait d’être adoptée. Que cette loi démontrait combien on a besoin de tout le monde et spécialement de la participation et de l’implication des peuples autochtones pour une meilleure conservation de l’environnement.

Devant le scandale crée par le conflit en cours, il est temps qu’on passe de la logique de collaboration à celle de la confrontation. La conservation autoritaire a échoué et le recours au génie de ceux-là qui connaissent la nature s’avère nécessaire.

SYNIGL pense que le langage entre les parties prenantes devra désormais être un langage de protection intégrale, c.-à-d.  Protéger simultanément l’homme et l’environnement. On ne peut pas continuer de protéger les gorilles sans protéger les peuples autochtones. Responsabilisés, ces derniers pourraient mieux protéger ce parc que quiconque ! La conférence de presse a révélé que seule la République Démocratique du Congo est le seul pays au monde qui ne consacre  pas un quota aux peuples autochtones sur le plan politique. Le Burundi, Rwanda, Nouvelle Zélande et l’Amérique latine ont été cités en bel exemple à suivre !

Enfin les peuples autochtones du Sud-Kivu, ont profité de la conférence de presse organisée en marge de leur journée pour dénoncer le fait que certains de leurs membres ( une dizaine) étaient détenus spécialement dans la prison de Kabare et d’autres dans la prison centrale de Bukavu accusés, à tort ou à raison, d’avoir été actifs dans le conflit où ils auraient pourtant perdu des membres de leurs familles. La communauté des peuples autochtones du Sud-Kivu a demandé la libération des individus détenus arbitrairement pour décrisper les tensions et baliser le chemin du dialogue et d’une protection apaisée des personnes et de l’écosystème du PNKB.

SYNIGL attire l’attention du Parlement provincial du Sud-Kivu, du Gouvernement provincial du Sud-Kivu, du Parquet Général,  de l’Auditorat et de  la 33ème Région militaire sur ce conflit au vue des conséquences assez graves qu’il comporte contre la vie des personnes et du PNKB.  Il leur recommande d’engager une dynamique d’action en mesure de contribuer efficacement à la paix, à la cohésion sociale, à la protection du Par cet des personnes qui vivent dans et autour de lui. Le gouvernement et le parlement provincial devait amener le niveau national à se pencher sur la nécessité d’offrir des réponses satisfaisantes et pérennes aux besoins des uns et des autres. Ne rien faire, se taire et observer passivement à des violences qui tuent des personnes et détruisent l’environnement dans lequel elles se meuvent est un manquement aux obligations de l’Etat et une irresponsabilité qui ne se justifient pas !

Veuillez cliquer sur le lien ci-dessous pour télécharger le document:

Accord Monusco-PA-ICCN

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