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Bunyakiri : lorsque l’arme et la maladie font pleurer !
octobre 4, 2019
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Figure 1 : Hôpital Général  de Bunyakiri : des personnes gardes malades dehors !

Synigl alerte sur le drame sanitaire dont souffrent les populations de Bunyakiri au Sud-Kivu dans le Territoire de Kalehe

Pour la triste histoire, Bunyakiri est une partie de la province du Sud-Kivu suffisamment affectée par l’activisme des groupes armés. Ils ont et enrôlent encore des enfants, de nombreux jeunes se sont vus forcés d’appartenir à des groupes armés encore enfants. Ils ont grandi, certains sont retournés de façon précaire à la vie civile mais très affectés par le passé et sans aucun programme de réparation des plaies d’une histoire pourtant terrifiante !

Des morts, des viols, des violences assez horribles, il y en a eu et il y en a encore bien que l’intensité a plus ou moins baissée et que parfois des faiseurs des guerres paraissent somnoler !

L’insécurité, les affrontements réguliers ont causé d’énormes dégâts parmi lesquels le déplacement massif des populations obligées d’abandonner leurs milieux de vie habituels. Des populations qui n’ont pas fui vers la ville se concentrent à certains lieux dans des conditions très difficiles. Nombreuses personnes qui se prenaient en charge par leurs activités (agriculture, élevage, petit commerce, vente des pierres, fabrication de l’huile de palme ect) ont été forcées de tout abandonnés et se sont vues condamnées à la misère. Des groupes armés tel que les Raia Mutomboki et des élèments indisciplinés de l’armée régulières y sont encore actifs. Le niveau d’exactions faites contre les populations civiles reste élevé et cela complique davantage la situation.

Dans la Zone de Santé de Bunyakiri, les déplacés ont fui de nombreux villages pour s’installer aux alentours de l’axe principal (route nationale n°3). Les grandes victimes sont  les enfants et les femmes enceintes. Ils ont atteints de la malnutrition et  des maladies tropicales. La grande proximité et les  très mauvaises conditions d’hygiène causent des maladies et propage facilement des infections de toutes sortes et des épidémies très mortelles.

En cas de maladie, les malades se rendent à l’hôpital ou au centre de santé le plus proche sans espoir d’être soignés : manque des frais exigés par la structure sanitaire, absence des médicaments, absence d’équipement médicaux à la hauteur des besoins de santé formulés, les conditions d’accueil à l’hôpital sont très médiocres (pas des lits, pas de literie…)

Du point de vue eau et assainissement, l’évaluation a montré une insuffisance notoire en eau potable. Seuls 20% des sources d’eau sont plus ou bien aménagées. Des nombreuses infrastructures ne sont pas opérationnelles pour  des raisons des pannes diverses (vannes, robinets, tuyauterie, … abimés ou en très grande désuétude).

Les infrastructures d’assainissement sont également insuffisantes (manque des latrines hygiéniques qui respectent les standards minimum). L’arrivée des déplacés dans les zones qu’ils estiment sécurisées, n’a fait que renforcer la pression existante sur les infrastructures d’eau et d’assainissement déjà défectueuses.

Selon les données épidémiologiques de 6 derniers mois, les maladies les plus courantes sont le paludisme, les infections respiratoires, les diarrhées simples, la malnutrition, l’anémie et le choléra. Celui-ci demeure un problème majeur dans la zone.

A l’hôpital général de référence de Bunyakiri, il arrive que les malades (enfants) qui souffrent du paludisme ou d’anémie soient plus nombreux à la pédiatrie. Les infirmiers sont obligés de loger les malades à trois sur un même lit à cause de la capacité d’accueil très limitée. La literie n’est pas aussi confortable (matelas usées et malpropres, dans lesquels on trouve souvent des poux). Il arrive des fois où certains malades viennent avec leurs literies de la maison. !  Les gardes malades restent à dormir dehors au sol sous le froid. Nombreux en sortent aussi malades ! Ceux qui parviennent à guérir sont retenus à l’hôpital faute de payement des frais : « Je suis retenu depuis plus d’un mois ici faute des 27$ que je devais encore… » ! Ceux qui le peuvent finissent par s’évader !

A part l’HGR de Bunyakiri, pour les autres  structures de santé (C.S et P.S), les infrastructures sont dans un état de délabrement avancé et la qualité de conditionnement des médicaments et consommables médicaux est extrêmement mauvaise.  Certains produits sont retrouvés sur le sol et d’autres exposés au soleil…

Malheureusement il n’existe pas d’étude sur cette situation, l’Etat et l’humanitaire n’apportent pas d’aide aux populations locales en sérieuses difficultés !

SYNIGL RDC en appelle à la solidarité vis-à-vis des populations de cette zone qui continuent à subir les conséquences de la défaillance de l’Etat Congolais qui a le devoir  de garantir les soins de santé de qualité et la sécurité à toute sa population. Il est mieux que les pouvoirs de l’Etat assument vraiment leurs responsabilités et empêchent que des vies humaines continuent à disparaitre utilement. Le Gouverneur du Sud-Kivu, le Parlement provincial, le ministère et l’inspection de la santé peuvent faire quelque chose… il faut seulement une toute petite attention et la conscience que le mandat que le peuple nous offre est une responsabilité que chacun s’est engagé volontairement à assumer jusqu’au bout !  Nous encourageons que, ceux qui le peuvent contribuent tant qu’ils le peuvent à restaurer la vie en apportant des aides nécessaire  pour une telle situation pourtant d’urgence(les médicaments, les équipements pour les soins et la conservation, l’eau potable, les lits, renforcer les infrastructures sanitaires et leurs capacités d’accueil. Ect).

La personne qui souffre n’est pas un ours qui dance, c’est  nous et chacun de nous

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