Synergie d'Initiatives pour les Grands-Lacs
N° 014, Ndendere II, Commune d’Ibanda dans la ville Bukavu.
Mon-Ven: 08:00 - 17:00
01 Août 2019

Scoutisme pour la Paix : Une expérience radieuse dans le territoire de Kalehe à travers SYNIGL

Le territoire de Kalehe, dans la province Sud Kivu, en Republique Democratique du Congo est réputé pour ses conflits armés. Ces conflits sont véhiculés par des groupes armés tant locaux qu’étrangers. Ces groupes armés continuent d’y semer terreur et désolation. Au cours de ces trois derniers decennies, des miliers de personnes ont peris dans des conditions les plus atroces.

Il est encore très loin de penser à une totale éradication de ces groupes malgré les efforts conjugués ces groupes ne cessent de naitre au jour le jour selon qu’ils pretendent defendre les droits des uns et des autres. Quasi à chaque communauté, vivant dans cette contrée, est associé au moins un groupe armé pour la défense de ses droits. Malheureusement, ces conflits ne cessent d’alourdir le nombre de victimes en vies humaines au sein des mêmes communautés qu’ils prétendent défendre.

Ces mouvements armés à connotation interethniques sont peuplés par des jeunes désœuvrés, des filles et garçons non scolarisés et facilement influençables par les seigneurs de guerre qui font d’eux leur cible pour leurs permettre de répondre à leurs besoins égoïstes. Ainsi, s’observe-t-il des armes qui pullulent entre les mains de la jeunesse, spécialement dans des contrées que les forces régulières (armée nationale et la police nationale) ne savent pas contrôler.

Cette jeunesse déjà volontairement et ou involontairement corrompue mérite une attention particulière. Autant elle a longuement et abusivement été utilisée dans des conflits armés contre elle-même, leurs propres frères et soeurs, autant elle reste actrice   clef dans la restauration de la cohesion sociale au sein de leurs communautés respectives.

Conscient du rôle positif que doit jouer la jeunesse dans cette communauté et soucieux de voir le territoire de Kalehe, et la zone de Bunyakikiri en particulier, devenir un havre de paix, sans armes, où les communautés cohabitent pacifiquement sans tenir compte de leurs differences tribales, linguistiques, morphologiques, religieuses et politiques, la Synergie d’initiatives pour les grands Lacs (Synigl) reste convaincue que l’heure a sonné que le cheval de bataille pour la paix soit monté en  créant un nouvel élan et suscitant plus d’énergies morales à fin de relever le défis.  C’est ainsi que Synigl a facilité l’implantation du mouvement scout dans la zone de Bunyakiri en Septembre 2016. Ceci dans le but de réunir cette jeunesse autour d’une idéologie (le scoutisme) susceptible d’aider cette jeunesse à œuvrer pour la paix et la cohésion sociale, en prêchant par l’exemple, pour promouvoir l’amour du prochain dans la région des grands lacs, et particulièrement dans la zone de Bunyakiri, longtemps déchirée par des conflits armés et dont la jeunesse en est acteurs principaux.

Les années passent, l’engagement de ces jeunes se veut de plus en plus pérenne et le mouvement s’agrandit en nombre…

En marge des grandes vacances été 2019, plusieurs activités ont été organisées en faveur de toutes les unités scoutes de Bunyakiri à travers un camp école. Du 16 au 21 juillet 2019, tous les scouts de Bunyakiri ont témoigné leur attachement au mouvement scout en répondant présent à ce grand rendez-vous.  Ce fut un grand moment d’apprentissage, de sensibilisation sur la culture de paix et cohésion sociale, de convivialité et de loisir.

Du 17 au 20 juillet 2019, les guides, scouts, routiers et louveteaux ont été organisés en quatre groupes thématiques selon les branches. Outre les activités l’éducation à la culture de paix et la cohésion sociale, ces moments ont été marqués par des conférences culturelles, exercices physiques et manuels, formations sur différentes techniques scoutes de vie en plein air au tour des chants, etc.

Le samedi 20 juillet, un feu de camp a été organisé façon de réunir toutes les branches, unités confondues, autour de ce sacre flamme sous un ciel bleu à la veille du grand retour en familles.

Enfin, le dimanche 21 juillet, une messe conclusive a été dite par l’Aumônier scout, abbé Godéfroid Bisimwa dit Dauphin, et au cours de laquelle vingt-six (26) nouveaux scouts et trente-deux (32) nouveaux louveteaux, venus de toutes les unités, ont fait leur promesse.

18 Juil 2019

Des réponses satisfaisantes aux demandes du peuple Pygmée sont une urgence qu’imposent la protection de l’écosystème du PNKB et la cohésion sociale des communautés qui l’entourent !

Au mois de mai, SYNIGL avait alerté sur les risques d’exaspération du conflit entre l’ICCN et les pygmées au tour du Parc National de Kahuzi Biega

Le mardi 11 juin à Bitale, un staff Synigl a eu une série d’échanges avec des membres des communautés bantous et Pygmées en vue de s’acquérir de l’évolution d’un conflit qui menace dangereusement aussi bien les vies humaines que la vie de cette aire protégée qu’est le Parc national de Kahuzi Biega.

Des membres du Comité Local de Protection (LPC) et des responsables des familles pygmées interrogées ont peint un tableau qui s’assombrit davantage :

  1. Un essaie des solutions infructueuses
  • Une rencontre, en recherche des solutions, a eu lieu en avril entre les représentants des Pygmées et les autorités de l’Institut Congolaise pour la conservation de la nature (ICCN). Au sortir de la rencontre, les pygmées non convaincus auraient déchiré la copie du document contenant les engagements et les solutions discutés à l’issue de la rencontre. Un sabotage flagrant des promesses qu’ils considèrent fallacieuses et auxquelles ils disent ne plus croire !En conséquence ils ont décidé une réinstallation et une exploitation systématique et sans pitié d’un parc qu’ils estiment être leur propriété privée arrachée injustement par les pouvoir à travers l’ICCN. Abattage illimité d’arbres, braconnage difficile à contenir par l’ICCN sont au rendez-vous. Désormais les pygmées associeraient des bantous à ces activités pour montrer à l’opinion qu’il s’agit maintenant plutôt d’une guerre Pygmées et alliés Bantous contre l’ICCN. Pendant ce temps, d’autres membres de la communauté bantous disent être pris au piège. Dans la difficulté pour l’ICCN de distinguer actuellement les produits issus d’une exploitation illégale du Parc des produits en provenance des domaines privés de Bantous, il se mettrait à arrêtés des personnes et à saisir des biens qui viendraient plutôt de leurs propriétés privées ! Cela fâche et crée davantage des remous !

«  … Chaque fois que nous voulons évacuer les planches et nos sacs des braises exploitées légalement de nos bois,ils s’interposent, nous arrêtent et nous ravissent nos produits…ils disent que nous sommes complice de l’exploitation illégale faite par les pygmées… ils veulent en profiter seulement pour nous appauvrir et jouir à notre place de notre richesse. S’ils veulent la guerre avec tout le monde alors qu’ils continuent à nous faire du mal…. »

  • Au début du mois de Juin, un mandat d’arrêt serait lancé par le parquet de Bukavu contre Mr Kasole, le représentant des pygmées vivant à Kalonge et qui serait en train de vivre en clandestinité depuis lors. En revanche, une marche pacifique pour demander l’annulation par le parquet dudit mandant était programmée par les Pygmée pour le 23 juin 2019 à Kalonge. A travers cette marche, les peuples Autochtone (Pygmées) voulait, en même temps, introduire une plainte contre l’ICCN pour le meurtre de leur frère Matabishi Masumbuko, tué par les éco-gardes en date du 23 avril 2019 à Kalonge.

Mais le 13 juin pendant qu’ils étaient en pleine préparation de leur marche, les pygmées vivant dans le camp Bujoka à Garashomwa, vers Biega sur la limite entre Kalehe et Kabare, avaient été attaqués par les éco-gardes  venus de KASIRUSIRU. Ces gardes auraient tiré à balles réelles sur le peuple pygmée. Un pygmée, Mr Mudekereza Shamavu a  été grièvement blessé tandis que les autres Pascal, Gervais, Burhalike Budanga, Kulimushi Mupenda, Rwamikundu, Murama, Nyamirhere et Nyamuluka avaient été conduits à une destination inconnue par lesdits Gardes. Les maisons des pygmées avaient été sérieusement détruites et pillées.

Le 20 juin, la marche a quand même eu lieu. Elle est partie du Centre Mumoga à Kalonge via le centre d’encadrement administratif de Cifuzi et a fait son point de chute à la PNC  de Kalonge. Les Pygmées ont déposé leur Memo aux autorités locales du centre d’encadrement administratif et de la police nationale congolaise(PNC) mais ils se plaignent du fait que jusqu’à ce jour, ils n’ont reçu aucun feedback. Toutes les parties vivent dans la suspicion et la méfiance réciproque !

Les individus Pygmées enlevés par les gardiens du Parc  le 14 juin n’avaient été relâchés que trois jours après(le 17). Mais leur membre gravement blessé n’a quitté l’hôpital qu’il y a seulement trois jours, avec des blessures qui doivent continuer à être soignées en ambulatoire ! Ce mois de juillet connait une certaine mais trop fragile accalmie !

  1. Fil de discorde

Notre précédant article l’explique d’avantage, le PNKB (Parc National de Kahuzi Biega) est la source de ce conflit entre ICCN et le peuple pygmée (https://synigl.org/blog/de-linjustice-et-de-la-marginalisation-a-la-haine-de-la-haine-et-la-guerre/). L’ICCN se dit être dans le devoir de protéger ce magnifique patrimoine mondial alors que le peuple Pygmée, lui, le revendique. Le parc serait l’environnement adapté à leur mode de vie, hérité de leurs ancêtres. Ce conflit s’étend actuellement au peuple bantou au regard des plusieurs abus qui seraient causés par les pygmées aux biens des bantous. Face aux hectares des terres du Parc que les pouvoirs avaient ravis aux Pygmées pour de raison de conservation, ces derniers exigent : une autre terre, la construction de leurs logements, des facilitations pour leur intégration socio-économique, la considération et même la représentativité dans les espaces de prise des décisions à tous les niveaux !

Les pygmées pensent que l’ICCN ne respecte pas ses engagements en guise de concession (disponibiliser une autre terre pour les pygmées, construire leur logement, faciliter leur intégration socio-économique, les considérer et agir dans le sens à ne pas les déconnecter de leurs racines culturelles ect)

  1. Pourquoi la réponse devient urgente et impérieuse

La cohésion pacifique entre les parties prenantes est totalement menacée et son impact négatif se dessine déjà et sur l’objet du conflit (PNKB), et sur les communautés. Déjà il y a eu des morts, des blessés graves, du kidnapping, du braconnage de grande envergure, de l’exploitation illégale du bois et des minerais dans le pacs par les Pygmées en complicité avec des individus de la communauté bantou ; une réinstallation des Pygmées dans le domaine du Parc etc.

Attention : les pygmées (Bambuti) seraient actuellement en train de sensibiliser leurs communautés rependues dans tous les coins riverains du PNKB (Kalonge, Bitale, Miti, Kavumu, katana etc. de s’apprêter à se réinstaller massivement dans le PNKB selon un mot d’ordre qui sera donné incessamment.   En attendant, la réinstallation,  l’exploitation illégale du bois, des minerais et le braconnage par les pygmées en complicité avec certains bantous continuent progressent à grands pas !

L’Histoire de la RDC, même encore la plus récente, a des traces encore très chaudes de la tristesse laissée par une très mauvaise gestion des conflits entre les Pygmées, les services de l’Etat et les autres communautés ! A titre illustratif, le conflit entre les Pygmées et les Lubas dans la Province du Tanganyika vers la fin de 2016 avaient enregistré au moins 400.000 déplacés malgré un gigantesque déploiement de l’armée dans la localité de Manono. Ils revendiquaient jouir des mêmes droits que leurs voisins bantous, être représentés au parlement, avoir l’accès à la terre, n’être plus harcelés par des taxes coutumières. Un peu  avant juillet 2016, la mort d’un chef coutumier Pygmée dans la localité de Manono avait justifié un red qui a tué 40 personnes et fait une centaine des blessés[1] ! Alors qu’entre juillet et la fin de la même année, Monusco (radio Okapi) avait rapporté 150 morts malgré les menaces du Gouverneur Kitangala à arrêter tous les instigateurs qui incitaient les gens à la Haine et à la tuerie !

NB :Un comportement responsable des pouvoirs en RDC, des toutes les parties prenantes aux conflits entre les Pygmées, les bantous et l’ICCN au Sud-Kivu peut nous éviter le pire. Dans notre Pays, malgré les signes qui ne trompent pas de survenance d’un grand risque, les pouvoirs attendent parfois qu’arrive le pire pour enfin agir trop tard. Synigl avait alerté sur le contexte des alentours du Parc toujours écumé des groupes armés. Kalonge est le carrefour de rencontre des groupes armés, les armes circulent et n’importe qui peut profiter de l’opportunité qu’offre une telle situation pour faire n’importe quoi ! L’Alerte est au maximum !

  1. Quelles recommandations ?

Les essaies des solutions jusques là imaginées sont demeurés très chancelants ! Avant la fin de 2018, il avait été  demandé à Mwami Kabare de suggérer à l’Etat des espaces disponibles pour  délocaliser les Pygmées,… Mais il s’agit là d’une solution à laquelle il n’a pas encore répondu et  qui ne prend, certainement pas, en compte certaines dimensions importantes du conflit. Les délocaliser sur un terrain, à lui seul, ne suffit pas ! Le Mwami, que les Pygmées considère juge et partie au vue de sa position avec les pouvoirs et en tant que protecteur des intérêts du peuple bantou ne peut qu’être débordé par un tel conflit. Sa bonne foi nécessite une conjugaison d’autres efforts. Il faut un autre regard !

  • Dans un premier temps:
  • l’ICCN doit se garder des gestes provocateurs et privilégier davantage le dialogue

  • le Mwami, en plus du besoin d’une délocalisation soutenue, devra soutenir les efforts visant à encourager la collaboration et la cohésion sociale entre les Pygmées et les bantous. Il pourrait assurer une conjonction entre les Pygmées et l’ICCN en même temps.

  • Les pouvoirs publics et particulièrement les ministères qui ont la protection de l’environnement, les affaires intérieures doivent s’engager activement et de manière concrète dans la résolution du conflit Pygmées-Bantous-ICCN. Notre vie dépend de la protection de l’Ecosystème du PNKB mais il sera difficile de l’assurer si des réponses alternatives et efficaces ne sont pas fournies aux demandes légitimes des Pygmées et des communautés au tour du Parc.
  • De manière pérenne:
  • Il faut un programme holistique et musclé d’activités d’accompagnement et d’éducation des communautés qui doit inclure des actions spécifiques en faveurs des Pygmées. Il faut un travail harassant capable d’opérer des changements significatifs sur les mentalités et les comportements aussi bien des peuples pygmées que des leurs voisin bantous. La réussite d’un tel programme devrait amener ces communautés à devenir dans l’avenir les meilleurs gardiens de cette aire protégée.

  • Il faut une analyse concertée, participative capable des ressortir clairement les besoins au tour du conflit, les causes profondes et leurs conséquences présentes et futures. Elle devra amener à des propositions concrètes des solutions durables. Le conflit sur le PNKB perdure par le fait qu’on le survole, on l’attaque en surface et personne n’a jusques là osé l’aborder dans ses profondeurs !

  • Dans la recherche de solution, on ne tient pas encore jusque-là compte de la nécessité à ne pas complètement déconnecter les pygmées des aspects importants de leur réalité, des leurs valeurs culturelles. On veut opérer des mutations brusques qui aboutissent à des frustrations. Il est nécessaire d’innover et de penser à des approches qui les rencontrent dans leur «  moi » si l’on se veut être efficace. Rapidement, de petits forums des dialogues francs entre les parties prenantes devaient déjà commencer à circonscrire la pensée.

           Bukavu, le 11 juillet 2019

 

13 Mai 2019

Et pourtant les prisonniers ont aussi des droits…

Des hommes, des femmes et des enfants sont détenus en RD Congo dans des situations très dégradantes et inhumaines. Dans des prisons surpeuplées et insalubres, beaucoup de ces personnes s’y meurent au jour le jour.         

Ces personnes sont victimes des détentions provisoires prolongées, traitées des manières cruelles, inhumaines et privées de leurs droits les plus fondamentaux. Certaines y sont détenues pendant des années sans procès ni jugement. Tel est le cas de la prison de Bunyakiri, en territoire de Kalehe au Sud-Kivu, où 32 sur les 38 personnes détenues sont placées en détention provisoire depuis il y a plus d’une année, privées de toute assistance. 

La plupart d’eux souffrent d’une malnutrition aiguë, des infections diverses sans accès aux soins médicaux et sans habits. Si dans la vie normale les congolais se plaignent disant qu’ils n’ont qu’un seul ou deux repas par jour, les détenus de la prison de Bunyakiri n’en ont que trois par semaine et cela sans garantie.

 

Patrick, le plus jeune de tous (16 ans) dit s’être lavé pour la dernière fois il y a 23 jours étant donné qu’il y a une terrible pénurie en eau au sein de cette structure pénitencière. Les toilettes quasi-inexistantes par ce que toutes bouchées, toutes les cellules sont débordées des odeurs des urines insupportable que nous nous y sommes rendu avec l’intention d’y sortir le plus vite possible une fois notre mission atteinte.

 

Ces personnes nécessitent notre assistance de toute urgence.  Lorsque des personnes sont injustement incarcérées, privées de leurs droits fondamentaux et meurent sans aucune assistance, nous devons nous unir pour leurs redonner espoir. Vous êtes hommes et femmes qui rêvez d’un monde où les droits de tous sont respectés, n’hésitez pas de nous joindre dès aujourd’hui…

 

 

13 Mai 2019

De l’injustice et de la marginalisation à la haine, de la haine et la guerre!

1.Le conflit Pygmées – ICCN – Bantous : un accident de l’histoire au Sud-Kivu 

C’était injuste lorsque en 1970 un décret du Président Mobutu avait décidé d’attribuer sans indemnités ni aucune autre considération plus 70.000 hectares des terres jadis occupées par le Pygmées au Parc National de Kahuzi Biega(PNKB)…

C’est encore et toujours discriminatoire la pensée que ce peuple constitue une communauté des personnes qui ne valent rien, d’individus rabougris, à l’intelligence et  à la conduite bestiales de telle sorte qu’on doit décider pour  eux et quasiment sans eux ce qu’on en fait, qu’est ce qu’ils deviennent ou ce qui leur convient !

Le Parc National de Kahuzi Biega, devenu un patrimoine commun de l’humanité, avait été laissé, jusqu’à ce jour, à la gestion de l’Institut  Congolais de la Conservation de la Nature (ICCN). Il est par conséquent sous le regard protecteur de la communauté internationale en vue de sécuriser sa biodiversité  et toute sa richesse.

Et les Pygmées, peuple autochtone du Sud-Kivu, vivant dans et de la foret  depuis des siècles s’en étaient vus expulsés en exécution de ce décret et privés brusquement de leur milieu de vie, de la chasse et de la cueillette dont ils vivaient essentiellement.

Depuis lors, ils sont à la recherche d’un espace et d’un environnement où en tant que communauté ils peuvent se réaliser, s’épanouir, se mouvoir librement et mener une vie normale.

2. L’expulsion, un acte aux conséquences parfois sous estimées !

Chassés du PNKB, les Pygmées ont dû se réfugier aux alentours sur  des terres que se réclament des communautés des Bashi en grande partie originaires des territoires de Kabare et de Kalehe au Sud-Kivu. Des activités dont ils vivaient dans le Parc sont devenues illégales et l’ICCN doit se rassurer par les gardiens du Parc, qui sont armés et qui sont ses agents, que l’interdiction ne souffre d’aucune violation.  Du coup, les Pygmées sont pris en étaux !

D’un coté, ils ne sont pas tolérés par des communautés bantoues qui les considèrent comme des envahisseurs de leurs terres, des destructeurs de leurs récoltes et des voleurs de leurs bêtes ; de l’autre coté l’ICCN qui les considère comme des individus parfois subversifs dont les activités illégales sont de nature à détruire la biodiversité et toute la richesse du Parc National de Kahuzi Biega !

Des affrontements ont, de part et d’autre, dans le temps et encore aujourd’hui été parfois très sanglants et meurtriers. La haine, la méfiance et les préjugés ont gagné les cœurs et les esprits, le conflit s’est installé et une très mauvaise guerre s’annonce !

3. A la recherche du petit sentier qui conduit à la paix

Depuis des années,  des efforts remarquables vers le chemin de la paix ont été notés mais il nous semble que la porte n’est pas encore trouvée !

Des rencontres de médiation ont en nombre suffisant été réalisées par différents acteurs et ont impliqué à la fois les communautés pygmées, bantous, des autorités locales et des organisations de la société civile mais sans beaucoup de succès ! La Monusco( Mission des Nations Unies au Congo) à travers sa section des affaires civiles a plus d’une fois mis sur la table de médiation des représentants des Pygmées,  des communautés des Bashi, des autorités locales dont le ministère de l’intérieur et les responsables de l’ICCN et l’on a un moment cru respirer des lueurs d’espoirs !

Récemment, en mai 2018, une sorte d’accords avaient été signés et s’étaient inspirés des recommandations issues d’une rencontre faite, un peu avant, à Miti entre les parties prenantes aux conflits et qui entre autres :

  • Exigeait à la chefferie de Kabare d’identifier urgemment des terres à proposer au Gouvernement pour la délocalisation des communautés pygmées
  • De sensibiliser les pygmées à l’auto-prise en charge et ensemble avec les autres communautés à la protection du patrimoine commun de l’humanité qu’est le PNKB.

La Monusco avait  donc tenu à Kavumu des séances de restitution de ces accords aux communautés qui vivent au tour du PNKB.

Dans le même mois, la représentante Générale du secrétaire Générale de l’ONU et à la fois la patronne de la Monusco, Mme Leila Zerrougui avait, à Bukavu, rencontré sur la même  question entre autres des représentants des pygmées. Elle en avait fait le constat que les conflits fonciers sont l’un des problèmes qui perturbent la paix et la cohésion sociale à l’Est de la RDC et elle avait encouragé le dialogue !

4. La goute qui vient de faire déborder la vase !

Le 23 avril dernier à Kalonge,  une équipe des gardiens du PNKB en patrouille y ont au mauvais endroit et au mauvais moment croisé un groupe des pygmées. Il ya eu de la résitance et un gardien du parc a du tiré sur un des pygmées qui n’a pas survécu au tir. Il a rendu l’âme. En riposte à cet acte, la communauté Pygmée, en colère et très révoltée s’est mise à l’assaut et a fait un mort dans le camp des gardiens du parc avec des nombreuses personnes blessées !

Un de staff de SYNIGL s’est rendu sur le lieu pendant que s’achevaient les cérémonies mortuaires du gardien du parc assassiné !

5. Ce qu’il y a à craindre :

Le mal est profond et le risque est grand.

Un staff de SYNIGL sur le lieu à Kalonge, à Bitale, à Mushenyi et à Mubugu a tenu à interroger quelques membres des différentes communautés qui disent tous de plus en plus craindre le pire. Des représentants des Pygmées  rencontrés ici et là sont unanimes que l’incident de Kalonge le touche tous en plein cœur et les attriste où qu’ils soient ! Un d’eux qui a requis l’anonymat disait tristement : «  l’ICCN se moque de nous et des gens ici pensent que nous sommes des bêtes à abattre.  Nous sommes prêts désormais à affronter tous nos ennemis, nous récupérerons ce qui nous appartient de droit quelque soit le prix à payer ».

 Un jeune d’une trentaine d’âge disait en agitant la tête « … ils nous ont tout pris et laissé sans rien… et l’on nous a toujours trompé avec de petits dons, de petites maisons exactement comme vous le faites pour vos bêtes. Tout cela, le parc va nous le rendre et l’ICCN comprendra qu’il nous y a rencontré. Ils ont tué un, nous les tuerons tous et personne ne nous chassera plus de notre forêt ».

  • La destruction du parc et de sa biodiversité est en danger. L’environnement ne tardera pas à se dégrader. Dans très peu de temps, le sac de braise a baissé de prix !
  • SYNIGL venait de finir une étude sur la dynamique des groupes armés dans la zone. La recherche a fait comprendre combien la réalité de la discrimination, de la marginalisation et de l’injustice justifiait en même temps les recours aux armes. La fragilité encore de la situation sécuritaire à l’Est fait qu’une telle occasion peut être une opportunité pour les pécheurs en eau trouble à armer qui et quant ils veulent.
  • Entre temps les bantous et les Pygmée sont non seulement en conflit mais ont connu en même temps un métissage. Perdurer la crise, détruire complètement la cohésion sociale et les amener à l’affrontement peut provoquer une véritable guerre aux conséquences incalculables.

Ils auraient convenus quitter le Parc d’ici le 12 juin 2019. Mais un d’eux disait : « … on verra qui nous forcera de quitter ».

SYNIGL lance un cri d’alarme et est préoccupée par cette situation qu’elle va étudier minutieusement. Elle demande à l’autorité et à tous les acteurs qui œuvrent pour la Paix et la cohésion sociale de se pencher sans complaisance sur ce conflit très dangereux et qui a trop duré.  Il faut une étude minutieuse et un processus participatif, inclusif d’un dialogue capable de faire monter à la surface les causes profondes de ce conflit et d’offrir des pistes de solutions durables. Il n’est pas normal que la vie des êtres humains et l’environnement où ils se meuvent continuent à souffrir et à être détruits sans raisons des situations auxquelles des réponses sont pourtant trouvables !

 

12 Avr 2019

L’accès a l’eau, un besoin réel pour la population de la RDC

L’eau c’est la vie, dit-on. Cependant, cela semble n’est pas être applicable en RD Congo où les populations continuent miraculeusement à vivre sans eau aussi amèrement que cela puisse être.

Et pourtant le pays en regorge une potentialité non négligeable sur l’échiquier mondial. Avec son hydrographie, la RDC est capable de fournir suffisamment de l’eau à toute l’Afrique. Paradoxalement, aussi incroyable que cela puisse paraître, la pénurie en eau reste un défi quotidien pour toute la population congolaise. Voir de l’eau couler de son robinet n’est pas une habitude et pourtant les factures de la Regideso (société nationale de l’eau) pour des services non consommés en eau n’enregistrent aucun retard.

 

En ville comme au village, la population peine pour accéder à l’eau et cela impacte négativement la vie quotidienne de la population. Au village, les jeunes filles doivent parcourir des dizaines des kilomètre pour puiser de l’eau à leurs risques périls. En ville, les jeunes filles se réveillent très tôt le matin, entre une heure et deux heures du matin, pour finalement rentrer à la maison avec vingt litres d’eau vers six heures. Une fois à la maison, au lieu de se reposer, ces jeunes filles prennent directement la route pour l’école car au-delà des tâches domestiques elles doivent aussi aller à l’école pour apprendre et devenir compétitives à l’instar des jeunes garçons autour d’elles. Le fait de passer régulièrement des nuits à l’air libre sans sommeil impacte négativement leur parcours scolaire. Non seulement elles voient leur parcours scolaire gâché, aussi ces jeunes filles sont-elles souvent victimes des multiples violations telles que le viol, harcèlement sexuel, torture physique, humiliation, grossesse précoces, kidnapping, noyade, etc

La société nationale de l’eau” Regideso” ne cesse de promettre de donner le meilleur d’elle même pour surmonter ce défi et cela prend des décennies. Certes qu’il Ya des très rares moments où la population voit quelques gouttes d’eau couler de certains robinets bien que toujours d’une manière discriminatoire.  Cependant, la question reste de savoir quelle en est la qualité et la distance pour y accéder. Dans la ville de Bukavu, la population parfois passe trois semaines sur quatre sans voir l’eau couler de leurs robinets et si elle coule, cela seulement trop tard dans la nuit obligent les membres de familles à veiller, à tour de rôle, pour s’assurer qu’on n’a pas loupé l’occasion. Quant à la qualité, très souvent cette eau n’est pas différente des eaux du torrent. Ceci est dû par le fait que les installations conduisant ces eaux datent des années cinquante et suintent de partout   que les eaux de pluie s’y infiltrent facilement. La science nous dit que l’eau potable est incolore, la Regideso ne cesse de convaincre que ce n’est pas la couleur qui détermine la non potabilité de l’eau et invite ses clients à consommer l’eau fournie par elle malgré son état coloré. Par conséquent, les structures sanitaires ne cessent d’enregistrer des cas de maladies comme la choléra, typhoïde, diarrhée, etc.   Malgré la rareté et la mauvaise qualité de cette eau, la population doit toujours parcourir plusieurs kilomètres pour en obtenir.

Du côté des dirigeants, un silence radio se fait remarquer et trouvent la situation très normale car contempler le mal sans punir témoigne leur complicité. Que le peuple manque de l’eau, cela semble n’est pas être leur affaire. Et pourtant l’accès aux services sociaux de base de qualité reste un droit pour tout citoyen et un devoir pour les dirigeants. Que les défenseurs des droits humains parlent et manifestent, leur sort reste la brutalité policière conduisant parfois à des interpellations voire à des incarcérations.

                                          .

Pour nos familles, accéder à l’eau c’est aussi offrir un avenir radieux à nos jeunes filles. C’est aussi garantir la sécurité de tous les membres de la famille, spécialement celle des filles et des femmes, c’est augmenter au moins trois heures de sommeil aux jeunes filles, c’est aussi stabiliser leur cursus scolaire aujourd’hui menacé par des absences intempestives dues à la pénurie d’eau sur toute l’étendue nationale.                                            .                                                                        

À ce moment où nous cheminons vers la saison sèche, nous voudrions encore interpeller nos autorités et leur demandons de prendre cette problématique avec une attention très particulière. Il est vrai que leur situation financière leur permet de contourner ce défi dans leurs familles mais point n’est pas la réalité pour le reste de la population.  Beaucoup de familles sont restées sans enfants par ce que tous leurs enfants ont été noyés dans le lac pendant la quête d’eau, spécialement pendant les périodes de saison sèche. Nombreux sont les jeunes qui sont restés handicapés à cause de manque d’eau, d’autres ont vu leur jeunesse gâchée par ce que violées et ou devenues mères précocement suite à ce même phénomène.

La Population RD Congolaise peut tout manquer mais pas l’eau…  La souffrance de celle-ci déborde les limites quant à ce. L’heure a sonné que les hommes et les femmes Congolais(es) accèdent facilement aux services sociaux de base de qualité et cela d’une manière équitable, participative et inclusive.

Lorsque des personnes sont privées de leurs droits fondamentaux et meurent sans aucune assistance, nous devons nous unir pour leurs redonner espoir. Vous êtes hommes et femmes qui rêvez d’un monde où les droits de tous sont respectés, n’hésitez pas de vous joindre à nous dès aujourd’hui…

 

16 Mar 2019

To both SYNIGL and Bunyakiri population, the Scouts International Day was a precious commitment opportunity for peace and social cohesion building: Youth scouts a role model.

Scouts around the world celebrated the international day dedicated to them, 22 February.

In DRC, the day was also well celebrated by the Bunyakiri Scouts Group in the Kalehe Territory, within the South Kivu Province. The celebration was realized with the technical and financial support of Synergie d’Initiatives pour les Grands Lacs, SYNIGL.

Celebrated under the theme “Zero Youth in Armed Groups, but Committed Youth for Peace and Justice in the Great Lakes Region”, from 21 to 24 February 2019, large-scale activities were carried out for several categories of people living in Bunyakiri.

On February 21, 2019, a meeting with young former children soldiers was held. During this meeting, 87 former children soldiers, and now members of the Scout Movement, had to share their experience on the one hand as former members of armed groups and on the other hand as young artisans of peace and justice.

Rotatively, these young former children soldiers shared with the other participants the very harmful consequences that their brief stay in armed groups could have caused to their life as well as to the entire community. The cost to be paid for it is and remains so high. Both readaption and reintegration to normal life in the same community they abused remains a big challenge.

After, they invited their fellow youth not to yield to politicians and other warlords false promises inviting them to join their armed movements for selfish ends.

At the end, they all apologized to their youth companions for having betrayed and tarnished their image through their activism within armed movements. As a remedy, they all committed to give their very best, through the Scout movement, to work no matter the price for sustained peace building and human rights defence.

As for February 22, a door-to-door awareness campaign was carried out targeting all young girls and boys living in Bunyakiri. The activity aimed at sensitizing other youth explaining to them the necessity for committed scouting for peace, social cohesion and human rights promotion. Scouting is a youth volunteering movement preaching love for the neighbor, God and the nation seeking to adapt itself to daily life realities within the communities it is being implemented. Therefore, their interlocutors were invited to massively join the movement to take up the challenge together: United youth striving for peace and justice.

Last but not least, on February 24, 2019, a conference was held for men and women members of the Bunyakiri community under the theme “Bunyakiri populace, violence will not pass by us: I disassociate and denounce”. At least 643 people attended. During his speech, the speaker of the day, Mr. Marc Mushamalirwa, member of Synigl, invited the participants to identify and list all forms of violation of which they were once and or continue to be victims.

Taking the floor, participants in turn cited:

  • Rape,
  • Sexual harassment,
  • Massacre,
  • Looting,
  • Physical and psychological tortures,
  • Arbitrary arrests,
  • Domestic violence,
  • Children recruitment into armed groups,
  • Kidnapping, kidnapping,
  • Precocious marriage,
  • Exploitation of children in Mining sites and or for sexual sakes …

In revenge, the speaker wished to identify, together with the participants, who in their community could be the perpetrators of all this violence. Very quickly, the audience cited armed groups, the police, the army, former members of armed groups, Intelligence agents, some delinquent youth and politico-administrative authorities.

 Yet, the speaker went back to the fact that everyone from near and far, by action or omission could also contribute to the climate of conflict and violence. In a participatory manner, the participants agreed and began to quote, helped by the speaker, behaviors that could engage the responsibility of each member of the community. These include:

  • Not denouncing the perpetrators of violence;
  • Failure to assist the victims of violence;
  • Sexually exploitation of minors in mining sites and in other activities that exposes them to violence;
  • The fact of committing acts that undermine modesty;
  • Amicable settlement with rapists and serious crimes authors
  • collaboration with perpetrators of violence;
  • Sale or excessive consumption of drugs;
  • Making slanderous allegations;
  • Fueling hatred, etc.

Faced with these realities, the participants measured their responsibility and resolved to fight against all these behaviors through all legal means. A contest, sketches and several poems on human rights as well as on the role of youth in the pacification process were produced to cheer the participants.

The territory of Kalehe and especially ​​Bunyakiri zone has been torn up by armed conflicts since the two last decades. Not only is the result so huge in terms of victims, but also in terms of human rights violations and material damage.

Almost all the youth were forced into the armed groups, schools have been burned, women and girls are daily raped, men and women are slaughtered and or mutilated, houses are burned, villages are abandoned, gardens are mined, people are extremely poor, firearms are uncontrollably spread within the community etc.

The zone deserves a very particular attention. It is in this perspective that it, Bunyakiri, has become one of SYNIGL’s primary concerns given the danger magnitude that it particularly represents for the entire Congolese nation and for the Great Lakes Region in general.

Event in images

07 Mar 2019

La Célébration de la journée internationale des scouts a été pour la population de Bunyakiri et pour SYNIGL un temps fort d’engagement à construire la Paix et la Cohésion sociale : les jeunes scouts, un modèle à suivre !

Les scouts du monde entier ont célébré la journée internationale qui leur est dédié, le 22 Février.

En RDC, cette journée a été mêmement bien célébrée par le groupe scout de Bunyakiri en territoire de Kalehe, Province du Sud-Kivu. Cette célébration a été réalisée avec l’appui technique et financier de Synergie d’Initiatives pour les Grands Lacs, SYNIGL.

Célébrée sous le thème “Zéro Jeunesse dans les groupes armés mais jeunesse engagée pour la paix et la justice dans la région de Grands Lacs”.

 

Du 21 au 24 février 2019, des activités de grande envergure ont été menées en faveur de plusieurs couches des communautés vivant à Bunyakiri.

Le 21 février 2019, une rencontre avec les jeunes anciens enfants soldats a été réalisée. Au cours de cette rencontre, 87 anciens enfants soldats, et aujourd’hui membres du mouvement scout, ont eu à partager leur expérience d’une part comme anciens membres des groupes armés et d’autres part comme jeunes artisans de paix et justice.

A tour de rôle, ces jeunes anciens enfants soldats ont partagé avec les autres participants  les conséquences très néfastes que le bref séjour au sein des groupes armés a pu causer non seulement à leur propre vie mais aussi à celle de toute la communauté. Le prix à payer était lourd et continue à l’être malheureusement. La réadaptation  et la  réintégration à la vie normale au sein de la même communauté qu’ils ont meurtrie posent encore des sérieux problèmes.

Par la suite, ils ont sensibilisé d’autres jeunes à ne pas céder aux appels et aux promesses mensongères des politiciens et des autres seigneurs de guerre qui les invitent à venir peupler leurs mouvements armés pour des fins égoïstes.

Au finish, ils ont tous demandé pardon à leurs compagnons jeunes pour les avoir trahi et terni leur image par leur activisme dans les mouvements armés. En guise de réparation, ils se sont tous engagés à concourir sans relâche, à travers le mouvement scout, à œuvrer quel que soit le prix pour une jeunesse bâtisseuse de la paix et protectrice des droits humains.

S’agissant du 22 février 2019, une sensibilisation porte à porte à été réalisée avec comme cible tous les jeunes, filles et garçons, vivant à Bunyakiri. Au cours de cette activité, il s’agissait de sensibiliser d’autres jeunes en leurs expliquant la nécessité d’un scoutisme engagé pour la paix, la cohésion sociale et la promotion des droits. Le scoutisme est un mouvement volontaire des jeunes prônant l’amour du prochain, de Dieu et de la nation mais doit s’adapter à la réalité du quotidien des communautés dans lesquelles il est impliqué. Aussi, ont-ils invité leurs interlocuteurs à y adhérer massivement pour ensemble relever le défi, qui n’est rien d’autre que de bâtir une jeunesse éprise de paix et justice.

Pour clore les trois jours de travail intense, en date du 24 février 2019, une conférence a été animée en faveur de tous les hommes et femmes membres de la communauté de Bunyakiri sous le thème “Population de Bunyakiri, la violence ne passera plus par nous: je me désassocie et dénonce ». Au moins 643 personnes y ont pris part. Pendant son speech, l’orateur du jour, monsieur Marc Mushamalirwa, membre de Synigl, à invité les participants à identifier et à énumérer toutes les formes de violation dont ils ont un jour été victimes et qui restent courantes dans la communauté. Prenant la parole, les participants ont tour à tour cité :

  • Le viol,
  • Le harcèlement sexuel,
  • Le massacre,
  • Le pillage,
  • Les tortures physiques et pschologiques,
  • Les arrestations arbitraires,
  • Les violences domestiques,
  • L’enrôlement forcé des enfants dans les groupes armés,
  • Le kidnapping,
  • La séquestration,
  • Le mariage précoce,
  • L’exploitation des enfants dans les carrières minières ou à des fins sexuelles.

Reprenant la parole, l’orateur a souhaité ensemble avec les participants identifier qui dans leur communauté pourraient être les auteurs  de toutes ces violences. Très vite, l’audience a cité les groupes armés, la police, l’armé, les anciens membres des groupes armés, l’agence nationale de renseignement (intelligence), quelques jeunes délinquants et les autorités politico-administratives.

 

Mais l’orateur est revenu sur le fait que chacun de près ou de loin, par action ou par omission pourrait aussi contribuer au climat de conflit et de la violence. De manière participative, les participants ont accepté et se sont mis à citer, aidés par l’orateur, des comportements qui pourraient engager la responsabilité de chaque membre de la communauté. Il s’agit entre autres:

  • Le fait de ne pas dénoncer les auteurs de violences;
  • Le fait de ne pas assister les victimes des violences;
  • Le fait  d’exploiter sexuellement les mineurs  dans les carrés miniers et dans autres activités qui les exposent à la violence;
  • Le fait de poser des actes qui portent atteinte à la pudeur;
  • Le règlement à l’amiable avec les auteurs de viol et des crimes assez graves;
  • La collaboration avec les auteurs des violences;
  • La vente ou consommation excessive des drogues;
  • Le fait de tenir des propos calomnieux;
  • Le fait d’attiser la  haine, etc.

Face à ces réalités, les participants ont mesuré leur responsabilité et ont pris la résolution de lutter contre tous ces comportements par toutes les voies légales.

Un jeu concours, sketchs  et plusieurs poèmes sur les droits humains ainsi que sur le rôle de la jeunesse dans le processus de pacification ont été produits par les scouts sous l’encadrement de SYNIGL pour animer et sensibiliser davantage les participants.

Le territoire de Kalehe et  particulièrement la zone de Bunyakiri depuis déjà deux décennies est déchirée par les conflits armés. Non seulement le bilan est très lourd en termes de perte en vies humaines mais aussi  en matière de violation des droits humains et des dégâts matériels.

Presque toute la jeunesse a été forcément enrôlée au sein des groupes armés, la quasi totalité des écoles brûlée, les femmes et les jeunes filles violentées, les hommes et les femmes massacrés et ou mutilés, des maisons brûlées, des villages abandonnés, des champs minés, une pauvreté extrême de la population, les armes à feu pullulent sans contrôle au sein des communautés etc.

Cette contrée mérite une attention très particulière et c’est dans cette optique que SYNIGL y jette un regard très soucieux vu le danger que cela représente particulièrement pour toute la  nation congolaise et pour la région des grands lacs en général.

                          Célébration de la journée internationale des scouts en image

19 Fév 2019

ATTERISSAGE EN DOUCEUR DE LA RECHERCHE ACTION PARTICIPATIVE SUR LE CONFLIT DE DESSERTE EN EAU POTABLE DANS LE GROUPEMENT DE LUGENDO

Le conflit lié à la desserte en eau potable dans le groupement de Lugendo, chefferie de Kabare dans le territoire qui porte le même nom a fait couler beaucoup d’encre et de salive.

Parmi les dix conflits identifiés et priorisés  dans le groupement de Lugendo, celui relatif à la desserte en eau potable a pris le dessus sur tous les autres conflits identifiés et priorisés à savoir le paiement des frais scolaires par les parents des élèves, le chômage des jeunes, l’insécurité sur le lac Kivu pour les activités de pêche artisanale, les tracasseries administratives, les taxes illégales, l’exclusion des femmes et filles à l’héritage légué par les parents défunts, les arrestations arbitraires par la police, etc.

Dans un premier temps, c’est-à-dire la première tentative de raccordement du centre de Birava dans les groupements de Lugendo et Bushumba en eau potable, c’est le Comité de Santé et de Développement de Birava(C.S.D.B.) qui a réalisé l’adduction d’eau potable qui alimente jusqu’à présent les habitations se trouvant dans cette agglomération.

Malheureusement, l’ouvrage n’a pu servir que les seuls habitants de l’agglomération en écartant tous les autres villages du groupement à savoir Lugendo-centre, Irambira Nord, Irambira Sud, Cishugi et Kashimbi soit 16.476 âmes pénalisées.

La RAP a démontré que c’est à cause des raccordements frauduleux et pirates réalisés par le C.S.D.B. sur le réseau que ce désagrément est arrivé.

En effet, le débit ne pouvait plus supporter de nouveaux raccordements à cause de cette surcharge au niveau du centre de Birava.

Les remous en rapport avec cette situation ont entrainé le limogeage du président du C.S.D.B. à l’époque.

Le conflit s’est sensiblement ramifié jusqu’à embraser toute la communauté de Lugendo opposant le chef de groupement accusé d’avoir collaboré avec les acteurs qui avaient fait échoué le projet initié par une ONG internationale pour réaliser une nouvelle adduction d’eau potable à partir de la source de Rwamana installée dans le groupement voisin de Bushumba.

Ainsi, quatre chefs de village et la quasi-totalité de la population sans oublier l’association des Indignés se sont ligués voulant réclamer à cor et à cris l’accès à l’eau potable pour lutter contre les maladies d’origine hydrique, les noyades des femmes et des enfants sur le lac Kivu à la recherche de l’eau potable au Rwanda et dans les ilots voisins.

Des marches pacifiques étaient déjà devenues le pain quotidien de l’association des indignés dans la contrée de Lugendo et le chef de groupement mis en cause ainsi que le chef du village de Lugendo- centre en ont payé le prix en perdant leurs postes respectifs car limogés et remplacés.

La Recherche – Action Participative réalisée par SYNIGL avec l’appui financier de USAID via MSI est venue apporter une solution à ce problème en réunissant toutes les parties prenantes à ce conflit dans de mini dialogues (pour les trois parties prenantes notamment les accuses, les accusateurs et les connecteurs) et cela pour concevoir les cahiers des charges respectifs, dans un dialogue communautaire pour produire un cahier des charges global de toute la communauté et signer les actes d’engagement respectifs dans un forum communautaire associant les responsables de la chefferie, le chef de poste administratif de Birava, le Médecin responsable de la zone de santé , l’ONG Internationale qui avait la charge de réaliser l’adduction et qui s’est engagée à relancer les activités de cette adduction, le nouveau chef de groupement et même le C.S.D.B.

Trois actes d’engagement ont été signés séance tenante à la grande satisfaction de toutes les parties prenantes au conflit.

A l’heure qu’il est, l’ONG Internationale a relancé les activités de ce projet.

Grand merci à l’USAID qui a permis à ce que la communauté de Lugendo puisse retrouver le sourire après plusieurs années de grogne.

Que vive à jamais la R.A.P.

PHOTOS ILLUSTRATIVES

Photo1 : Présentation des résultats de la RAP aux membres des structures de paix par les chercheurs communautaires

Photo 2 : Validation des données complémentaires récoltées lors de la collecte réalisée sur terrain par les chercheurs

Photo 3 : Mini dialogues pour la production du cahier des charges par la communauté

Photo4 : Forum communautaire pour la signature des actes d’engagement

Photo5 : Dialogue communautaire pour la validation et l’approbation du cahier global des charges.

 

Jean Bosco MUDERHWA MAROY

Chargé de Projet.

31 Jan 2019

Le calvaire quotidien de la femme congolaise

Si vous voulez comprendre le niveau de développement atteint par une nation, questionnez la considération qu’a la femme dans cette nation. Eh bien, l’image de la femme peut varier d’une nation à une autre. Dans certaines nations, elle a une image positive, c.-à-d. un être égal à son semblable homme, capable de réfléchir, travailler, gouverner, diriger, éduquer, gérer, orienter, etc. D’où, un être capable, à l’instar de l’homme, de conduire sa nation au rayonnement.

Ailleurs, comme c’est le cas en République Démocratique du Congo, la femme est abusivement attribuée une image négative : un être très vulnérable incapable de réfléchir, gouverner, guider, diriger, éduquer, gérer, orienter … mais un bon instrument prédisposé aux travaux de ménage au sein du foyer conjugal. Que c’est paradoxal ! Si sous d’autres cieux les expressions ‘’Genre’’ et ‘’émancipation de la femme’’ ont trouvé échos et sont capitalisées pour booster leur développement, cela n’en est pas le cas en République démocratique du Congo où le pouvoir de la femme est très limité aux travaux domestiques sans repos et ne dépasse pas son rayon conjugal quel que soit son niveau d’éducation.

En revanche, certaines femmes individuellement ou en synergie ne veulent plus avaler cette pilule. Désormais, elles sont vues ici et là en train de dépenser toute leur énergie pour prouver à leurs communautés respectives ainsi qu’à la face du monde entier ce dont elles sont capables, qu’il s’agisse de la gestion de la chose publique comme des organisations de défense des droits de la femme. C’est dans ce cadre que SYNIGL œuvre sans relâche en collaborant avec les femmes des tous les territoires de la province du Sud-Kivu (Bukavu, Kabare, Kalehe, Uvira, Fizi, Idjwi, Mwenga, Shabunda et Walungu) en vue de leur épanouissement holistique

 Encore, pendant que les hommes passent leurs journées entières en train de boire, suivre la télévision, jouer aux différents jeux et dormir, les femmes de ces communautés ci-haut citées, se réveillent très tôt le matin, commencent leur journée en parcourant des dizaines de kilomètres pour chercher de l’eau pour la famille.

Une fois revenues en famille avec de l’eau, elles se pressent à faire le travaux domestiques, préparent à manger pour la famille et partent au champs où parfois elles sont violées par les inciviques. Au retour, on les voit aller vendre les produits de leurs champs au marché. Une fois les produits vendus, l’argent est confisqué par leurs paresseux maris pour satisfaire leurs besoins égoïstes. Une fois de retour à la maison très abattues par le travail et soleil de la journée, non seulement elles doivent aussi préparer la diner pour la famille mais aussi répondre aux besoins nocturne de son mari. 

Heureusement qu’aux cotés de ces femmes laborieuses il y a actuellement quelques rares hommes qui ont bien compris la notion de la parité entre l’homme et la femme.

Ils sont désormais convaincus que l’assistance mutuelle dans les travaux ménagers reste la clef pour une survie garantie au sein de leurs foyers. Et SYNIGL s’est engagé à le soutenir quel qu’en soit le prix.

Certes, la Banque Mondiale travaille dans plus de 170 pays pour aider les pouvoirs publics et les populations à mettre fin à la pauvreté et à relever certains défis les plus urgents qui se posent à nous en matière de développement, spécialement en matière d’égalité entre l’homme et la femme. Cependant, tant que le savoir, l’expertise et tous les autres efforts des hommes et de femmes ne sont pas mis en commun, nos communautés chercheront en vain de solutions transversales à ce fléau.

 Que derrière chaque femme d’impact qu’il y ait un homme qui l’encourage à aller de l’avant à travers une assistance engagée et sincère !

 

 

12 Déc 2018

Kabusangilla school, within shabunda territory in DRC

 

A l’Est de la RD Congo où les armes à feu continuent à semer
la culture de la violence, l’éducation à la paix devra y être
assurée dès le bas âge. Car, promouvoir l’éducation des
hommes et des femmes, et particulièrement les générations
futures ; est une des armes importantes qui luttent contre
les causes des conflits et des violations des droits. Laisser
cette catégorie des personnes dans l’ignorance est un crime que SYNIGL est entrain de combattre pour pouvoir oserrêver un futur sans conflits armés avec une jeunesse saine et vertueuse. La famille est un milieu privilégié où la préparation de la jeunesse doit pouvoir commencé.

 

 

 

Les parents doivent en prendre conscience. Il en est de même
pour l’école. Les éducateurs scolaires ont un grand rôle à
jouer. Oui la science mais si celle-ci ne peut être portée par
des esprits imbibés du sens de l’humain, elle sera sans
importance. Des dirigeants de notre pays et ceux d’ailleurs
qui le sont parce qu’ils ont étudié sont tenu des obligations
de l’Etat face aux droits humains, y compris le droit à
l’éducation : Respecter, Protéger, Réaliser. Les images de
ces écoles à notre ère est une des preuves d’une terrible
violation de l’obligation de Réaliser le droit à l’éducation par
nos dirigeants. Comment nos enfants peuvent-ils étudier
dans des telles conditions ?!!!

 

In the Eastern part of the DR Congo where firearms continue to sow the culture of violence, peace education
should be ensured from early age since promoting both men and women education, and especially that of future
generations, remains one of the best and efficient means to fight against causes of conflicts and rights violations.
Excluding these categories of people remains a crime against which SYNIGL is highly committed to fight. By so
doing, we will then expect a bright and conflict free future with healthy and virtuous youth.
The family is a privileged place where the preparation of the youth must be able to begin. Parents must be aware
of it. It’s the same for the school. School educators have a big role to play. Yes science but if it can not be carried
by minds soaked in the meaning of the human, it will be irrelevant. Leaders of our country and those of others
who are so because they studied are held state obligations to human rights, including the right to education:
Respect, Protect, Realize. The images of these schools in our era is one of the proofs of a terrible violation of the
obligation to Realize the right to education by our leaders. How can our children study under such conditions?

12 Déc 2018

Sensibilisation des éclaireurs/ scouts de Bunyakiri, dans le territoire de Kalehe en RD Congo

1. Sensitization of the scouts / scouts of Bunyakiri, in the territory of Kalehe in DR Congo
Les groupes armés recourent toujours aux adolescents et
enfants en vue d’une exécution efficace des crimes les plus
atroces. Ceci est dû au manque de jugement dans le chef
des jeunes et enfants jusque-là ignorants du bien et du mal.
Ainsi, approcher et appuyer une adolescence engagée à
promouvoir les valeurs de paix dans une communauté
déchirée par les conflits armés et où les armés pullulent
entre les mains de la jeunesse reste un souci majeur pour
SYNIGL. C’est dans ce cadre que SYNIGL collabore avec les
jeunes éclaireurs de Bunyakiri dans le territoire de Kalehe,
Province du Sud-Kivu en République Démocratique du Congo pour une jeunesse rayonnante et bâtisseuse de lapaix.

(Armed groups continue to use adolescents and children for effective execution of the most heinous crimes. This is due to lack of judgment on the part of teenagers and children hitherto ignorant of good and evil. Thus, approaching and supporting teenagers committed to promoting peace values within a community torn apart by armed conflicts and where weapons swarm in the hands of youth remains a major concern for SYNIGL. In this regards, SYNIGL collaborates with the youth scouts of Bunyakiri from the territory of Kalehe, Province of South Kivu within the Democratic Republic of Congo, for radiant and peace builder youth.)

2. Sensibilisations des écoliers à l’école Primaire Kando, Bunyakiri/ Kalehe- South Kivu.

2. Sensitization campaign with Kando Primary School,

Bunyakiri/ Kalehe-South Kivu
Ils sont l’avenir de notre Pays et du monde. Investir dans leur éducation, les informer sur leur responsabilité à transformer la machine des conflits et à s’investir pour un monde plus humains c’est bâtir nos prochains jours sur des fondations solides.

They are the future of our country and the world. Investing in their education,informing them of their responsibility to transform the machine of conflict and investing in a more humane world means building our next days on a solid foundation.

 

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